Tu m’as aperçue à l’épicerie dans cette file d’attente. Chaque individu faisait passer, sur le bout de son clavier, un message pour patienter. Je ne me rappelle plus, mais j’imagine que j’étais dans la lune lorsque tu m’as interpellée. Je suis sortie de ma rêverie en sursaut. Je ne t’ai jamais demandé ton prénom. Ce n’était pas nécessaire. J’ai appris avec le temps que nous étions plus qu’une simple appellation. Tu m’as fait un signe de tête et tu t’es avancée pour me dire discrètement, pendant que je déposais mon contre-filet et mon pain, que mes textes sur mon blogue te faisaient du bien. Prise entre ce panier et mon ego, je n’étais visiblement pas prête à ce genre de déclaration, en ce lundi épicerie. Nous avons parlé entre filles et je t’ai souhaité une bonne fin de journée.

Voici ce qui monta en moi dès mon arrivée à mon domicile tout en serrant mes emplettes alimentaires. J’aurais aimé te dire ceci.

Je ne t’ai jamais demandé ton nom, malgré nos 15 minutes de bavardage, malgré tes confidences ouvertes. Une sorte de connexion d’âme, au-delà de m’avoir reconnue au super-marché, ce qui me surprend encore vois-tu. J’aurais aimé te dire que j’écris avant tout pour moi, mais savoir que mes réflexions et confidences d’humaine puissent toucher, et aider mon prochain via mes facultés à l’écriture automatique, va bien au-delà de l’expérience. Et si chaque personne trouvait sa faculté, son don pour améliorer la vie de l’autre, sans en être témoin nécessairement. Et si nous étions déjà prêts à cette grande vague d’amour collective. Se regarder quelques secondes dans les yeux, décollant notre nez de nos écrans. Je ne suis pas là pour moraliser, car bien honnêtement, je suis la première coupable avec mon cellulaire, cette addiction déguisée sous le couvert de mon travail.
Toi, tu as eu le don de me surprendre, tu as su me voir. Ce don fabuleux à t’ouvrir, te confier à une pure inconnue, mais avant tout, à une sœur d’âme. Parce qu’au fond, c’est bien de ça dont il est question. Nous nous ressemblons tous avec nos blessures et nos rêveries, comme moi lors d’un sursaut entre mon contre-filet et mon pain, grâce à toi, à l’épicerie.

Lors de votre prochaine méditation, rappelez-vous les personnes étonnantes et rares qui vont vous rappeler à quel point la vie est belle et surprenante. À croire à plus grand que soi. Aux milliards de possibilités, aux rencontres, aux expériences marquantes et dans mon cas, un fabuleux sursaut !!

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