Le titre aurait bien pu être, projet de fou, département des bizarreries.

OK, je sens vos regards sceptiques en lisant le mot jeûne. Je sais, car dans un passé pas très lointain, j’aurais assurément sauté à pieds joints sur des conclusions rapides de notre société. Eille, mange ma grande, trois repas par jour. Ayant déjà eu des troubles alimentaires dus à un horaire de travail quelque peu excessif, (j’exagère à peine) il y a presque deux ans, j’ai revisité la manière de prendre soin de mon corps, d’honorer ce véhicule terrestre en location pour une période indéterminée et de l’entretenir.

Moi qui enseigne la méditation pour trouver des solutions aux gens pour qu’ils puissent incarner cette force tranquille, j’ai réalisé cette semaine que je ne m’accordais que peu de temps pour me recentrer, respirer et que, malheur, j’avais oublié de manger ma propre salade de bienveillance dans ce tourbillon quotidien.

Nous vivons tous des hauts et de bas. Je suis dans une période de réflexion (bah oui) face à mes peurs, mes patterns. Ça vous dit vaguement quelque chose ? Je vous assure nous sommes normaux !!
J’ai vécu à la fois une étrange et magnifique semaine. Ça faisait longtemps que je voulais tenter l’expérience du jeûne. Vivre pleinement la sensation de nettoyage en pleine conscience. Ayant toutes les informations en main pour entamer mon ménage du printemps en toute sécurité, je terminai mon dernier repas dimanche vers 19h, branlant le drapeau blanc à mes propres doutes. Bizarrement, je me sentis zen en sachant très bien que mon corps allait vivre une expérience hors du commun, sans peur de la restriction, pouvant ironiquement faire des rapprochements avec ma propre vie et cette angoisse du manque.

Le manque, parlons-en. Peur de manquer de temps, d’argent. Le manque d’opportunités, d’amour, de plaisirs, dans mon cas un manque de légèreté autour de moi. L’humain à ce don inné de juger ses capacités, choisissant de rester dans la peur de la restriction.

Vous attendiez le punch, avouez !! Eh bien, j’ai réussi. Je ne le crie pas haut et fort, je le murmure à moi-même (et à vous au passage) tout humblement. Aucune médaille ne m’attendait, sauf ce sentiment d’avoir reconnecté avec mon être. J’ai vécu une semaine formidable en compagnie de mon fils. En état de jeûne, j’ai retrouvé ma source. J’étais à la fois concentrée sur ce que je voulais dans la vie à présent. J’avais l’impression d’avoir mis mon corps et mon esprit en mode reset. 60h de jeûne (vous avez bien lu) et chaque journée fut une surprise. Beaucoup d’émotivité jusqu’à appeler un ami en pleurant dans l’aller des étagères d’un magasin grande surface, ayant confiné mon orgueil dans le coffre à gants de ma voiture. Mon être tout entier vivait depuis plusieurs jours des bouleversements. J’ai dû laisser monter ce qui devait sortir, larmes en extra. Mention spéciale à la gentille dame qui reçut son badge d’employé du mois pour avoir consolé une cliente en détresse dans la rangée des armoires et étagères.

J’ai puisé ma force dans un état de sérénité que le jeûne m’a apporté. Ces 60 heures m’ont aidée à mettre de l’ordre dans mes pensées. Ma relation avec autrui, mon fils, la gratitude et mon rapport avec l’alimentation. Je me suis nourrie d’une nourriture spirituelle. Néanmoins, il faut être prête à vivre l’expérience. Se lancer dans le vide, dans l’incertitude sans contrôler comment notre réagira (ou notre entourage).

Pour moi, le jeûne a fait apparaître de petits miracles qui resteront dans mon quotidien, je l’espère. Nous sommes tellement plus que la limitation à laquelle nous pensons appartenir.

Presque minuit, finir ce biais et rêver aux poules en chocolat de pâques du weekend à venir…. Quelle ironie !!! Bien quoi, nourrir son esprit, c’est aussi penser aux p’tits plaisirs de la vie et d’accepter de savourer tout simplement.

 

Joyeuses Pâques


Klodhyaa

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