Certaines personnes apparaissent comme par magie dans nos vies. Elles apparaissent dans un café, le train, au supermarché. Vous ne savez pas pourquoi, mais un lien va se créer rapidement, sans vraiment savoir, sans n’avoir rien demandé. Un petit entretien, un sourire, peu importe quelque chose de spécial vient de se produire.

J’étais assise dans un café pour rédiger un article précédent. Je m’installe avec un bon latté. Il neige et je me retrouve entourée d’ouvriers prenant un peu de répit dû à la météo.

Au moment où mon inspiration me fait fausse route, je vois un homme, début soixantaine, et une petite poupée de quatre ans faire leur entrée dans le café. Tout le monde les regarde. L’enfant crie à tue-tête qu’elle a mal au ventre. L’homme ne sait plus, il est perdu dans ses émotions et traite la petite d’enfant gâtée, de pleurnicharde. Perchée du haut de mes jugements, je sens l’appel. Ce n’est pas mon genre, mais une énergie plus forte que moi me pousse à ne plus réfléchir.

Je demande poliment au papi si je peux parler à l’enfant. L’homme me fait le geste de faire ce que je veux, lui, ayant perdu tout contrôle.

Je me penche à sa hauteur.
– Bonjour ma belle. Comment t’appelles-tu? Silence et observation de sa part.
– Maéva, madame.
– Tu as des bobos à ton ventre, c’est bien ça? Moi je m’appelle Claudia et tu sais quoi Maéva, je suis capable d’enlever les bobos. Montre-moi exactement où tu as mal.

Elle me regarde comme si elle venait de rencontrer sa fée marraine, quelqu’un qui lui porte de l’attention. Elle m’indique son cœur. Allez savoir pourquoi je sentais que c’était autre chose qu’une gastro naissante. Un lien direct avec les émotions.
– Maéva, tu vas respirer par le nez et fermer les yeux.

J’ai pratiqué avec elle une technique pour soulager la douleur, mais sans plus.  Je lui ai demandé de penser à un beau rêve, à papa ou maman. Je n’étais pas préparée à entendre sa réponse.
– Madame Claudia, j’habite avec mon papi. Mon papa et ma maman ne veulent plus s’occuper de moi et papi cherche un autre endroit pour faire dodo.

Je l’invite à venir s’assoir à mes côtés. Étrangement elle ne parle plus de son mal de ventre et je la laisse jouer sur le clavier de mon portable. Je parle avec son grand-père et effectivement, l’homme s’occupe seul de sa petite-fille, les parents ayant perdu la garde. Son appartement a été détruit pour en faire un stationnement pour la ville. Je comprenais mieux.

Quinze minutes plus tard, je regarde l’heure.  Je dois quitter pour faire mes emplettes de Noël, car mon inspiration est restée bien au chaud sous la couette.
– Maéva ma chérie Claudia doit partir mais avant, j’aimerais savoir si tu connais une chanson de noël.  Deuxième réponse qui allait me laisser sans voix.
– Oui je connais petit papa noël. Je chante si tu chantes avec moi.

Je suis dans un café bondé de monde venant chercher leurs cafés. Je me fous de prêter ma voix de casserole pour cette chanson. Je m’apprête à recevoir le plus beau cadeau chargé de vulnérabilité.
J’ai chanté en chuchotant avec une enfant belle comme le monde. J’ai dû retenir mes larmes d’adulte. J’aurais voulu lui dire de croire en la magie malgré ses chagrins, croire aux rencontres d’anges qui peuvent changer sa route, l’instant d’un moment, l’instant d’un café. Croire en ce petit quelque chose de spécial qui venait de se produire.

Maéva ma chérie, tu as été ma plus belle rencontre, ma plus belle vérité, la plus belle des émotions.  Je te souhaite une belle vie, car ce matin tu as su changer la mienne.

Signé
Affectueusement, celle qui enlève les bobos
Joyeux Noël Maéva

Klodhyaa

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Maman, amie, amoureuse, ma plume m’emporte souvent ailleurs, dans mon monde de méditations rebelles.

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